Le jardin en littérature

"C'est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas." Victor HUGO

Rendons-lui la parole...

Voici quelques propositions de lecture.

"Le jardin et la maison"

 

Voici l'heure où le pré, les arbres et les fleurs
Dans l'air dolent et doux soupirent leurs odeurs.

Les baies du lierre obscur où l'ombre se recueille
Sentant venir le soir se couchent dans leurs feuilles,

Le jet d'eau du jardin, qui monte et redescend,
Fait dans le bassin clair son bruit rafraîchissant ;

La paisible maison respire au jour qui baisse
Les petits orangers fleurissant dans leurs caisses.

Le feuillage qui boit les vapeurs de l'étang
Lassé des feux du jour s'apaise et se détend.

- Peu à peu la maison entr'ouvre ses fenêtres
Où tout le soir vivant et parfumé pénètre,

Et comme elle, penché sur l'horizon, mon cœur
S'emplit d'ombre, de paix, de rêve et de fraîcheur...

Anna de NOAILLES

(1876-1933)

 

Le Cœur innombrable

 

Pour découvrir cette auteure

qui écrivit de nombreux poèmes

sur la nature et le jardin en particulier,

c'est ici.

Henri le Sidaner

"Le Pavillon Dans La Roseraie,

  Gerberoy" 1909


"Le jardin mouillé"

 

La croisée est ouverte ; il pleut

Comme minutieusement,

A petit bruit et peu à peu,

Sur le jardin frais et dormant,

 

Feuille à feuille, la pluie éveille

L’arbre poudreux qu’elle verdit ;

Au mur, on dirait que la treille

S’étire d’un geste engourdi.

 

L’herbe frémit, le gravier tiède

Crépite et l’on croirait là-bas

Entendre sur le sable et l’herbe

Comme d’imperceptibles pas.

 

Le jardin chuchote et tressaille,

Furtif et confidentiel ;

L’averse semble maille à maille

Tisser la terre avec le ciel.

 

Il pleut, et, les yeux clos, j’écoute,

De toute sa pluie à la fois,

Le jardin mouillé qui s’égoutte

Dans l’ombre que j’ai faite en moi.

Henri de Régnier

(1864-1936)

Les Médailles d’Argile


« Spectacle rassurant »

 

Tout est lumière, tout est joie,

L'araignée au pied diligent

Attache aux tulipes de soie

Ses rondes dentelles d'argent.

 

La frissonnante libellule

Mire les globes de ses yeux

Dans l'étang splendide où pullule

Tout un monde mystérieux !

 

La rose semble, rajeunie,

S'accoupler au bouton vermeil ;

L'oiseau chante plein d'harmonie

Dans les rameaux pleins de soleil.

[...]

Victor HUGO

(1802-1885)

 

 

 

Les Rayons et les ombres

 

Suite du poème, c'est ici.

 

 


« Trois ans après »

 

 Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,

 Je me suis promené dans le petit jardin

 Qu'éclairait doucement le soleil du matin,

 Pailletant chaque fleur d'une humide étincelle.

 

Rien n'a changé. J'ai tout revu : l'humble tonnelle

De vigne folle avec les chaises de rotin...

Le jet d'eau fait toujours son murmure argentin

Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.

 

Les roses comme avant palpitent ; comme avant,

Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,

Chaque alouette qui va et vient m'est connue.

 

Même j'ai retrouvé debout la Velléda,

Dont le plâtre s'écaille au bout de l'avenue,

- Grêle, parmi l'odeur fade du réséda.

Paul VERLAINE

(1844-1896)

 

Poèmes saturniens

 

Velléda :

Prophétesse celte ou germanique

du temps de Vespasien.


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